En 2025, une équipe des Services paramédics de la Colombie-Britannique a relevé le défi de la prestigieuse compétition internationale Rallye Rejviz, décrochant une impressionnante quatrième place face à une concurrence mondiale relevée. Demers était fière de les soutenir et de contribuer à rendre cette participation possible.
En tant que leader au Canada en fabrication d’ambulances, nous nous faisons un devoir d’appuyer activement toute activité permettant la croissance, l’apprentissage et la réussite des paramédics, à chaque étape de leur parcours.
Un défi paramédical hors norme
La compétition Rallye Rejviz est une épreuve intensive de 24 heures, comprenant 11 scénarios d’urgence réalistes à haute pression, conçus pour tester les compétences cliniques, le travail d’équipe, la communication et la compassion des participants.
L’événement réunit des paramédics et des policiers de partout dans le monde, notamment de la Pologne, de Chypre, de Londres et de la Tchétchénie. « L’énergie sur place est incroyable », explique Alex Mattes, paramédic chevronné et entraîneur de l’équipe. « Tout le monde est là pour apprendre et s’amuser, mais la compétition est féroce. L’an prochain, je serai entraîneur et juge, ce qui est très motivant. »
Participant pour une sixième fois depuis 2016, Mattes décrit une expérience à la fois exigeante et stimulante. « La préparation est intense. Pendant l’événement, c’est comme passer un énorme examen. Après chaque scénario, on remet tout en question. On ne sait jamais où on se situe avant la fin. »
Le contexte international ajoute une complexité supplémentaire. « On compétitionne hors de notre environnement habituel : protocoles différents, pratiques médicales différentes. Certains traitements qui ne sont pas courants au Canada sont standards là-bas. La courbe d’apprentissage est abrupte. »
Communication et travail d’équipe : des facteurs clés
Chaque scénario met en scène des acteurs hautement qualifiés et un maquillage très réaliste, avec blessures apparentes, créant des situations très proche du terrain.
L’évaluation ne repose pas uniquement sur la technique : la communication, la collaboration et l’empathie sont tout aussi déterminantes.
Les barrières linguistiques font partie du défi. « Dans certains cas, “non” peut vouloir dire “oui”. Il faut s’adapter rapidement », souligne Mattes. Des outils comme Google Traduction deviennent alors essentiels.
« Dans des scénarios chronométrés, chaque seconde compte. »
Cette année, les protocoles ont représenté le principal défi pour l’équipe. « C’est là que nous avons vu une marge d’amélioration. » En revanche, leur esprit d’équipe s’est démarqué.
« Notre façon de communiquer et de travailler ensemble nous a valu beaucoup de points. »
La compassion demeure une signature forte de l’équipe. « On prend soin des patients, mais aussi de leurs proches. Couvertures, toutous pour les enfants, présence rassurante… c’est reconnu et valorisé dans l’évaluation. »
Une expérience d’apprentissage bien au-delà de la compétition
Pour Mattes, Rallye Rejviz est avant tout une occasion d’apprentissage et d’échanges.
« Quand j’amène les équipes là-bas, je veux que ce soit une expérience complète. On a visité un hôpital de Budapest transformé en musée, ainsi qu’un hôpital-bunker souterrain construit pendant la Deuxième Guerre mondiale. On a aussi visité des universités paramédicales à Brno, des casernes et des hôpitaux, pour voir comment ils fonctionnent et ce qu’on peut apprendre d’eux. »
Les liens humains sont tout aussi marquants.
« Les relations qu’on développe sont durables. J’ai gardé des amitiés partout en Europe. C’est ce mélange d’apprentissage et de connexions humaines qui me donne envie d’y retourner. »
Conception des ambulances : innovation européenne et réalité canadienne
Le séjour a aussi permis de comparer les ambulances européennes à celles conçues par Demers au Canada.
Plus compactes, les ambulances européennes misent sur des solutions de rangement ingénieuses pour maximiser l’espace, idéales pour les rues étroites.
« Aucun espace n’est gaspillé », observe Mattes. « Ça nous pousse à réfléchir à comment rendre notre équipement plus accessible, même avec moins de matériel. »
Il se souvient de sa surprise en entrant dans l’un des véhicules: « J’ai ri en pensant qu’il n’y avait rien à l’intérieur. Puis ils ont commencé à ouvrir des compartiments partout… tout était là, bien rangé et accessible. »
À l’inverse, les ambulances canadiennes privilégient le confort lors des transports prolongés.
« Nos ambulances offrent plus d’espace et une meilleure ergonomie, essentielles pour des transports de plusieurs heures, surtout en région éloignée. Là-bas, les transports dépassent rarement deux heures. »
Certaines innovations européennes ont toutefois retenu son attention, notamment une civière à déplacement latéral facilitant la RCR des deux côtés.
« C’est simple, efficace et très ingénieux. »
Il a aussi remarqué des différences au niveau de la hauteur intérieure.
« Ils semblent avoir plus d’espace pour se tenir debout. Au Canada, les règles de santé et sécurité déconseillent de se tenir debout dans un véhicule en mouvement, même si ça arrive. C’est fascinant de voir comment les réglementations influencent le design. »
Rapprocher la conception du terrain
Selon Mattes, il reste un écart entre la conception et la réalité terrain.
« Les fabricants gagneraient à accompagner les paramédics sur le terrain et à écouter ceux qui utilisent les véhicules au quotidien, pas seulement les décideurs. »
Les processus d’approvisionnement très rigides peuvent freiner l’innovation.
« Parfois, les devis sont tellement stricts qu’aucune amélioration n’est possible. Ce n’est pas la faute du fabricant ni de BC Ambulance, c’est le système. C’est pourquoi le retour du terrain est essentiel. »
Soutenir les paramédics d’ici
Participer à une compétition internationale représente un investissement important; souvent plus de 20 000 $. Sans l’appui de Demers et de commanditaires privés, la participation de l’équipe BC ne serait pas possible.
« Le commanditaire, c’est plus qu’un soutien financier : c’est une reconnaissance du professionnalisme des paramédics et de l’importance de leur développement », souligne Mattes. Des plans sont déjà en place pour amener deux équipes en 2026.
La visibilité qu’apporte la participation à ce genre d’événement suscite des discussions au sein de la communauté des services préhospitaliers canadiens, inspire des idées de compétitions locales et contribue à rehausser les standards de formation.
« On apprend quelque chose à chaque compétition (nouveaux médicaments, protocoles, pratiques de sécurité) et on ramène ces apprentissages chez nous. Le partage et l’adaptation sont essentiels dans un domaine en constante évolution. »
Pour Demers, soutenir les paramédics, c’est investir dans l’excellence, l’innovation et le mieux-être des communautés qu’ils servent.