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Au hockey comme dans l’ambulance, le travail d’équipe peut tout changer

Tournoi des paramédic du Québec 2026

Dans l’aréna, l’intensité monte rapidement. Les bâtons frappent la bande, les joueurs se répondent d’un bout à l’autre de la glace. Ça compétitionne fort, parfois très fort. Pourtant, quelques minutes après le match, les équipes se retrouvent ensemble à rire et discuter.

C’est cette atmosphère particulière qui anime, année après année, le Tournoi des paramédics du Québec. À la fin du mois d’avril 2026, dans la région de Gatineau, l’événement a de nouveau réuni des centaines de paramédics provenant de partout au Québec, et même du Nouveau-Brunswick autour d’une même passion : le hockey, mais surtout le métier. 

Soutenu notamment par Demers Ambulances, le tournoi vise également à amasser des fonds pour La Vigile, un organisme qui vient en aide aux paramédics vivant des difficultés liées à la santé mentale. Dans une profession où les intervenants portent quotidiennement la détresse des autres, l’événement devient aussi un rare moment pour décrocher, respirer et se retrouver entre collègues.

Pour Mathieu Marcotte-Binette, paramédic depuis 14 ans à la Coopérative des ambulanciers de la Mauricie et membre de l’équipe gagnante de l’édition 2026, c’est précisément ce qui rend le Tournoi des paramédics du Québec unique.

« Tout le monde sait que ce n’est pas l’uniforme qui est là : c’est l’être humain derrière », raconte celui qui participe au tournoi depuis plus d’une décennie.

Également enseignant en soins préhospitaliers d’urgence au Cégep de Shawinigan, il voit dans ces moments de camaraderie bien plus qu’une simple fin de semaine de hockey.

« On fait le même métier, donc on se comprend rapidement », explique le passionné de soins préhospitaliers en évoquant les échanges spontanés qui naissent autant dans les corridors de l’aréna qu’au banquet organisé pendant le tournoi. « Une conversation informelle peut changer bien des choses. »

Parce qu’entre paramédics, il n’est souvent pas nécessaire d’expliquer longtemps ce qu’ils ont vu ou vécu sur le terrain. Les regards, les silences et les histoires se comprennent presque instinctivement.

« En ambulance, c’est pareil qu’au hockey »

Même quand Mathieu Marcotte-Binette parle de hockey, il revient rapidement au travail d’ambulance. Pour lui, le parallèle est naturel. « Tu ne peux pas gagner une game si tu es tout seul. En ambulance, c’est pareil », affirme celui qui a aussi occupé un rôle de superviseur auprès de ses collègues.

Sur la glace comme dans une intervention critique, tout repose sur la confiance, la communication et la capacité de travailler ensemble sous pression. « Si on travaille en équipe, c’est là qu’on va donner les meilleurs soins aux patients », ajoute-t-il.

Cette solidarité devient essentielle quand les appels s’enchaînent, que les situations se complexifient et que la charge mentale s’accumule. Au fil de l’entretien, Mathieu Marcotte-Binette revient d’ailleurs souvent sur l’importance du soutien psychologique entre collègues, une réalité qui évolue positivement dans le milieu préhospitalier, selon lui.

« De mettre un genou à terre, ce n’est pas une faiblesse », dit-il franchement. Lui-même raconte avoir déjà demandé de l’aide après certaines interventions difficiles. Une démarche qu’il considère aujourd’hui essentielle pour pouvoir continuer à exercer le métier durablement. « On prend soin des gens, mais des fois, il faut aussi prendre soin de nous », poursuit-il.

C’est aussi ce qui donne tout son sens au tournoi. Au-delà de la compétition, l’événement brise l’isolement.

« Pourquoi c’est important? Parce qu’on se comprend. Quelqu’un peut parler d’une situation qu’il a vécue, puis ça peut aider une autre personne qui traverse quelque chose de semblable. »

Dans un milieu longtemps marqué par l’idée qu’il fallait toujours rester fort, ces initiatives contribuent à normaliser la demande d’aide et à rappeler qu’aucun paramédic n’a à porter seul le poids du terrain.

Les matchs et la compétition ne sont qu’un prétexte pour permettre aux paramédics de décrocher, parler librement et retrouver une forme d’équilibre. « Le but, c’est de s’amuser, de décompresser et de retrouver du plaisir ensemble », résume-t-il.

Une salle de réanimation sur roues

Quand il quitte une scène d’intervention pour remonter dans son ambulance, Mathieu Marcotte-Binette ressent presque instantanément un changement. « Quand on rentre dans l’ambulance, on rentre dans notre milieu sécuritaire », explique le paramédic qui décrit le véhicule comme « une salle de réanimation sur roues ».

Dans un appartement exigu, sur le bord d’une route ou au cœur d’une situation chaotique, l’ambulance devient un point d’ancrage. Un environnement contrôlé, organisé et familier où les équipes retrouvent leurs repères.

« Le matériel est toujours au même endroit. Quand tout est bien disposé, ça enlève un stress de plus », détaille celui qui travaille quotidiennement dans des ambulances MX 164 de Demers. Il explique que l’espace, l’ergonomie, la disposition des équipements et même le confort thermique influencent directement la concentration et la fatigue des équipes sur le terrain.

Pour un manufacturier comme Demers Ambulances, cette réalité rappelle qu’une ambulance ne se résume pas à des normes techniques ou à des équipements spécialisés. Chaque innovation peut avoir un impact concret sur le travail d’équipe, la sécurité et le bien-être des paramédics qui passent leurs journées et leurs nuits à prendre soin des autres.

Une profession portée par la passion d’aider

Malgré les défis du métier, Mathieu Marcotte-Binette parle de sa profession avec une passion intacte. « Prendre soin des gens, c’est une mission », affirme celui qui multiplie les projets en enseignement, en formation et en collaboration interservices.

Ce qui le motive encore aujourd’hui? La possibilité d’avoir un impact réel dans la vie des patients. « Notre paye à tous les jours, c’est de faire un changement positif dans l’état de quelqu’un », explique-t-il.

Qu’il s’agisse d’une intervention critique ou simplement d’un moment rassurant auprès d’une personne vulnérable, il rappelle que chaque geste compte.

Son discours est clair : derrière chaque uniforme se trouve une personne qui consacre sa carrière à prendre soin des autres, et qui mérite elle aussi d’être soutenue.

Et au fond, c’est peut-être ce que révèle le mieux le Tournoi des paramédics du Québec : derrière chaque uniforme, il y a des humains qui avancent ensemble, autant sur la glace que dans les moments les plus difficiles du métier.

Pour être à l’affût de la prochaine édition qui se tiendra au Nouveau-Brunswick, suivez la page Facebook du tournoi.

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